Vers une Église Verte au Maroc : Retour sur la Journée d’Étude à l’Institut Al Mowafaqa
Le 14 mars dernier, l’Institut Al Mowafaqa à Rabat a franchi une étape décisive dans son engagement « Green College ». En réunissant les acteurs du Diocèse de Rabat et de l’Église Évangélique au Maroc (EEAM), cette journée d’étude a transformé la réflexion théologique en un véritable plan d’action citoyen pour la sauvegarde de la Création.
Une mission : De la conversion du cœur à la pratique citoyenne
La préservation de l’environnement n’est plus une thématique extérieure à la foi ; elle en est le cœur. C’est le message fort porté par l’Institut Al Mowafaqa lors de cette rencontre. L’objectif était clair : doter les responsables et fidèles des Eglises du Maroc des outils nécessaires pour passer d’une prise de conscience spirituelle à des projets concrets et structurés.
1. Les fondements : Dieu, la Terre et, l’être humain
La matinée a été consacrée aux racines de notre responsabilité. Le Rev. Pr. Jean Patrick Nkolo Fanga a rappelé que l’être humain n’est pas le propriétaire de la terre, mais son intendant. S’appuyant sur l’écothéologie, il a invité à sortir d’une vision où l’être humain domine la nature pour entrer dans une « communauté de création » où cultiver et garder le jardin de Dieu devient un acte de foi.
Dans la foulée, le P. Daniel Nourissat a décrypté l’encyclique Laudato si’. Il a souligné le concept d’écologie intégrale : la crise sociale et la crise environnementale sont les deux faces d’une même pièce.
« Tout est lié » : la lutte contre la culture du déchet et la promotion de la sobriété sont des impératifs éthiques qui doivent désormais imprégner nos prédications et nos finances.
2. État des lieux : Les défis du contexte marocain
L’après-midi a permis de confronter la foi aux réalités techniques et géographiques du Royaume.
- Le défi de l’eau : Le Pr. Sanaa Mousalim a exposé l’urgence hydrique au Maroc. Avec une disponibilité en eau divisée par cinq en soixante ans, le pays fait face à une crise structurelle. L’eau ne peut plus être vue comme une ressource infinie, mais comme un bien commun exigeant une éthique de responsabilité collective.
- La gestion des déchets : La Dre Cynthia Gbliga a rappelé que l’inaction menace directement la santé publique. Elle a cité des exemples inspirants de la Côte d’ Ivoire, du Ghana au Guatemala, montrant comment les chefs religieux peuvent devenir des catalyseurs de changement en transformant les déchets en opportunités d’emploi ou en œuvres artistiques.
3. De la réflexion à l’action : Les engagements des paroisses
La force de cette journée a résidé dans les ateliers pratiques où les participants ont élaboré des stratégies concrètes pour leurs communautés :
Gestion des ressources et Pastorale
- Création de comités environnementaux paroissiaux.
- Systèmes de récupération des eaux usées pour l’arrosage des jardins d’églises.
- Intégration systématique de l’écothéologie dans la catéchèse et les chants liturgiques.
Innovation et Sensibilisation
- Zéro Papier : Migration des communications vers le numérique (WhatsApp, newsletters).
- Recyclage solidaire : Ateliers de recyclage artistique pour financer des formations.
- Éco-citoyenneté : Organisation de journées de salubrité diocésaines.
Conclusion : Un mouvement qui ne fait que commencer
En clôturant la journée, le Directeur de l’Institut a annoncé que ce rendez-vous n’était qu’un début. De nouvelles échéances sont déjà fixées pour mai et juin, notamment une conférence sur l’écologie et le dialogue islamo-chrétien.
L’ambition est noble : faire des Églises du Maroc des modèles de gestion responsable et des « protecteurs du monde » pour les générations futures. Comme l’a résumé un participant : « Nous ne voulons plus être des prédateurs, mais les gardiens bienveillants de notre sœur la terre. »
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