Vie de l'institut

A la découverte de l’ « islam du  juste milieu » : Retour sur la rentrée du Séminaire d’Islamologie 2026

Promotion du séminaire d'islamologie 2026

Le lundi 29 juin 2026 a marqué le coup d’envoi de la nouvelle session du séminaire d’islamologie de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa. Durant deux semaines intensives, une promotion exceptionnellement diverse d’étudiants, de religieux et d’acteurs de terrain s’est rassemblée à Rabat pour plonger ensemble dans la découverte, l’étude et la compréhension de l’islam et de ses réalités marocaines.

Un accueil chaleureux

Dès leur arrivée à l’institut, les étudiants de la promotion 2026 du séminaire d’islamologie ont été accueillis à bras ouverts par toute l’équipe. Pour ouvrir ce temps de rencontre, le directeur a pris la parole pour présenter l’histoire et la de l’institut, suivi par le directeur des études qui a exposé le programme de ce séminaire, avant que chaque membre de l’équipe ne se présente personnellement. Ce fut ensuite au tour des participants de prendre la parole, un moment qui a permis de mettre enfin un visage sur chaque nom. Sachant pertinemment que c’est en se côtoyant que l’on se connaît le mieux, le traditionnel cours de « Thé-au-logis » durant les pauses ainsi que le repas de bienvenue offert aux étudiants ont été des moments forts de convivialité, donnant à chacun la chance de tisser les premiers liens.

Une mosaïque de visages et d’engagements

Dès la première journée, le ton a été donné par les présentations des participants : venus d’horizons géographiques et confessionnels différents, les étudiants partagent tous un même objectif : ouvrir les fenêtres de l’esprit pour aller à la rencontre de l’autre.

Parmi les visages de cette promotion 2026, on retrouve des parcours d’une grande profondeur humaine. Le groupe compte des figures d’expérience, qu’il s’agisse de laïcs engagés dont l’un a côtoyé les moines de Tibhirine en Algérie ou d’un prêtre présent au Maroc depuis de nombreuses années. Les forces vives du continent africain sont également bien représentées, avec notamment l’équipe camerounaise d’une ONG protestante internationale qui œuvre pour la promotion de la création. Plusieurs résident au Maroc et y travaillent ou y étudient. Travaillant ou vivant au milieu de population musulmane, en Europe, en Afrique ou au Maroc, ces acteurs cherchent ici des outils théologiques pour renforcer leur action en faveur du bien commun. De riches dynamiques locales et internationales se côtoient, à l’instar d’une retraitée française installée au Maroc et fidèle des cours d’Al Mowafaqa, d’un aumônier de prison en Suisse, de pasteurs venus de France et de Suisse, de jeunes étudiants au Maroc, de religieuses, d’un séminariste français, d’un prêtre sénégalais de la préfecture apostolique de Laâyoune, ainsi que d’autres laïcs engagés, envoyés par leur diocèse.

Cette mosaïque rassemble des participants originaires du Mexique, du Tchad, d’Espagne, du Gabon, du Congo, de la RDC, du Togo, de l’Ouganda, de France, du Cameroun, du Sénégal, de Suisse ou encore du Burkina Faso. Tous ne viennent pas directement de ces pays pour assister à la formation : beaucoup sont déjà engagés ou basés ailleurs dans le monde et convergent vers Rabat pour ce rendez-vous précis. Cette diversité de provenances transforme le séminaire en un véritable laboratoire de re-connaissance mutuelle.

Quitter l’ignorance pour entrer dans le dialogue

Le mardi 30 juin, le co-président catholique de l’Institut Monseigneur Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, est venu communiquer son enthousiasme et sa verve pastorale aux étudiants. Avec l’humour et le franc-parler qui le caractérisent, il a partagé sa propre expérience d’ancien étudiant du séminaire d’islamologie.

« J’étais un ignorant complet ! », s’est-il exclamé en racontant comment il avait dû lui-même apprendre à structurer le panorama de l’islam — entre écoles juridiques, théologiques et confréries soufies. « N’ayez pas de peine, parce qu’il vaut mieux passer pour un ignorant pendant 10 ou 15 jours mais quitter l’ignorance, que de le demeurer tout le reste de sa vie. »

Rappelant le discours historique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le Pape François à la Tour Hassan, le cardinal López Romero a martelé que les religions abrahamiques ne sont pas là simplement pour « se tolérer », mais pour s’ouvrir les unes aux autres et entrer dans « un concours vaillant à se faire du bien l’une à l’autre ».

Un programme polyédrique, entre théorie et terrain

Sous la coordination rigoureuse de l’équipe d’Al Mowafaqa, les étudiants ont découvert un programme dense qui fait la force de ce séminaire d’islamologie. Conçu pour aborder un islam « polyédrique », aux multiples facettes, le séminaire alterne des cours académiques pointus et des immersions concrètes.

Au menu de la première semaine : une introduction au contexte de l’Arabie du VIIe siècle, l’étude du Coran animée par des universitaires marocains, ainsi qu’un éclairage sur les hadiths et le droit musulman. Le terrain n’est pas en reste : une traversée historique de la médina de Salé est prévue avec le conservateur du patrimoine, suivie d’un voyage d’étude à Fès, capitale spirituelle du Royaume.

Être « peu », mais significatifs

En conclusion de son intervention, l’Archevêque de Rabat a partagé un fort message d’espérance. Évoquant la communauté chrétienne au Maroc, il l’a qualifiée d’« insignifiante  par sa taille mais hautement  significative  par sa joie et son message. »

Tournés vers l’avenir, enrichis par leurs différences, les « séminaristes » d’Al Mowafaqa ont désormais toutes les cartes en main pour faire tomber les préjugés et apprendre, ensemble, à faire vivre l’islam du juste milieu au bénéfice de leurs engagements respectifs à travers le monde.