Vie de l'institut

[Pôle Culturel] – Visite d’une confrérie Gnaoua

Au détour des ruelles de la médina de Rabat, non loin du mausolée de Sidi Al-Arabi Ben Al-Sayeh, bat le cœur d’une tradition séculaire : la Zaouïa de la famille Qanarouch. Récemment, les étudiants de l’Institut Al Mowafaqa ont franchi les portes de ce sanctuaire de la spiritualité gnaouie pour une rencontre hors du temps avec le Maâlem Seddik. De l’enseignement des maîtres à la mission de préservation d’un héritage légué par la regrettée « Ammi Habiba », découvrez le récit d’un voyage au cœur de Tagnaouite.

Présentation de la Zaouïa

La Zaouïa est située dans la ville ancienne ou « médina » de Rabat, à proximité du mausolée de Sidi Al-Arabi Ben Al-Sayeh, connu sous le nom de « Dar Gnaoua ». Elle a vu le jour en 1960 et continue aujourd’hui encore à organiser des nuits soufies, parmi lesquelles : (Gnaoua – Issaoua – Dakka – Hadaoua – Ghazeen – Hamadcha et Amadah Nabawiyya). L’objectif en organisant ces nuits est la prière, l’intercession, la remémoration, l’amour, le pardon et la connexion avec le Miséricordieux. La confrérie est dirigée, selon la tradition gnawa, par un maalem ou maître, le « maalem Seddik », qui sera notre hôte.

Cette zaouïa était présidée par la grand-mère du gnawa Seddik, connue sous le nom d’« Ammi Habiba », qui est décédée en 2014, que Dieu ait son âme. Elle a laissé comme testament à sa famille de préserver ces rituels soufis divins et ces traditions, ce qu’ils s’attachent à faire en perpétuant cet héritage.

Présentation du Maâlem Seddik

Son parcours artistique a débuté au sein de la Zaouïa, où il est né et où il a grandi, entouré de spiritualité et de traditions. C’est dans cet environnement que ses yeux se sont ouverts sur l’univers de Tagnaouite. Chaque semaine, les nuits de « lila » y étaient célébrées, portant en elles une force d’apaisement et de guérison des cœurs. Ces moments ont marqué les premiers pas de son chemin spirituel et artistique.

Sa chère grand-mère, Oum Habiba — que Dieu lui fasse miséricorde — a semé en lui dès son plus jeune âge l’amour de la spiritualité. Elle lui a transmis les rituels de la Zaouïa ainsi que les louanges prophétiques. Dès ses débuts, il a eu la chance d’apprendre auprès de grands maîtres gnaoua, notamment Sidi Mohamed Ould El Fakir — que Dieu lui fasse miséricorde — qui fut pour lui comme un père. Il lui a enseigné les valeurs d’éducation, de respect et de discipline, tout autant que l’art de la musique.

Il a ensuite poursuivi son apprentissage auprès du grand Maâlem Baba M’harrach — que Dieu lui fasse miséricorde — grâce à qui il a découvert les traditions Aissawa et la Dakka. Cette expérience lui a ouvert les portes d’une compréhension plus profonde de l’art spirituel et des rituels traditionnels.

À l’âge de quinze ans, il s’est senti prêt à assumer des responsabilités. C’est alors que son véritable parcours a commencé, à travers des rencontres avec de grands maîtres et une participation à de nombreux festivals au Maroc, afin de transmettre et de faire vivre ces traditions devant le public.

Cet héritage unique lui a ensuite permis de voyager en Inde, au Japon, en Afrique du Sud, en République tchèque et en France, pour faire découvrir l’art de Tagnaouite et partager avec le monde la richesse de ces traditions spirituelles.

Aujourd’hui, sa mission est claire : « préserver cet héritage et le transmettre aux générations futures, partager ces traditions qui ont façonné son identité, et faire rayonner leur beauté ainsi que leur philosophie au-delà des frontières. »